Portes intérieures et pose

pose-de-portes-interieures-2Prologue

La porte est un élément incontournable dans l’architecture, car elle permet d’une part le passage d’une pièce à une autre dans un bâtiment, et d’autre part procure une sécurité et une discrétion quand au contenu de la pièce.

Dans le cadre de la restauration complète d’un bâtiment (pour lequel j’ai créé une porte sur mesure), j’ai été amené à poser 7 portes semi-massives de marque Thys.

Il m’a également été donné de travailler avec des portes à âme alvéolaire ou tubulaire.

En général, chacunes de ces portes sont pré-usinées, fournies avec un ébrasement en MDF préforé et la quincaillerie correspondante (ouvrante, battante, coulissante,…).

Le groupe Thys, fournissant les blocs-portes du même nom, fourni depuis quelques années déjà un système de portes réversibles (c’est-à-dire en pose gauche ou droite). Ce système est particulièrement intéressant pour les particuliers incertains de la configuration actuelle ou future de leurs habitations, et empêche quelques erreurs de montage, telles que l’inversion de deux portes.


La porte plane à âme alvéolée

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Une coupe de porte à âme alvéolée

Elle peut être « à peindre » ou comporter une finition de divers type, comme un placage. 

Il s’agit de la porte la meilleure marché grâce à ses coûts de production réduits : Elle se compose d’alvéole hexagonales en carton entourées de feuilles de placage sur les faces et d’un cadre en bois pour éviter l’entrée d’eau à l’intérieur de la feuille de porte.

Le problème récurrent de ce modèle de porte est justement sa résistance aux chocs : La feuille de HDF composant la finition de la porte étant relativement mince, elle se perce facilement. De plus, la quincaillerie de ce type d’huisserie s’abîme assez facilement.

On peut aussi noter que le visuel et le rendu au toucher sont moins plaisant que dans le cas d’une porte à base de bois massif. En effet, ici et dans les portes planes tubulaires, le placage est synthétique.

Il existe également des modèles moulurés (post-formés), de forme arrondies, ou autres.


La porte plane à âme tubulaire

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Une coupe de porte à âme tubulaire

Tout comme la porte à âme alvéolée, elle peut être « à peindre » ou comporter une finition. 

Le visuel des portes alvéolées et tubulaires étant le même, ces dernières se révèlent plus chères à l’achat et plus lourdes. En effet, c’est un panneau à base de fibres de bois percé qui remplace les alvéoles cartonnées, conférant une grande solidité à la porte.

L’avantage de ces portes sont sa solidité, tant au point de vue de la résistance aux chocs que pour la découpe ou la tenue de la visserie.

Son désavantage pourrait être une défaillance de la quincaillerie, le poids de la feuille de porte étant plus élevé.


La porte semi-massive

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Une porte semi-massive en chêne

Elle se compose quand à elle exclusivement de bois massif, issu de plusieurs essence. 

En effet, la base de la porte est généralement faite de sapin, apprécié pour sa stabilité et son coût réduit, recouvert d’un placage de bois plus noble tel que le chêne, le hêtre, voire une essence exotique.

Le visuel ainsi que le rendu au toucher de ces portes est le plus chaleureux, du fait de sa composition.

Tout comme les portes tubulaires, un autre avantage de ce modèle de porte est sa solidité, de quoi découle sa résistance aux chocs, à l’usure, la tenue de la visserie ainsi que la possibilité d’éliminer certains petits défauts par ponçage.

Néanmoins, il est impossible de recouper ces portes de plus de quelques millimètres sans que cela ne devienne visible, et particulièrement inesthétique. Quelques coups de rabot pour éviter que la porte ne frotte sur un sol inégale ne pose à contrario pas de problèmes, à condition de toujours raboter vers le centre de l’ouvrant.


Les autres portes intérieures

Il existe une multitude de système et de type de portes, comme la porte en verre, pliante, pivotante, vitrée, accordéon, abattante (comme Gaston Lagaffe l’avait conçue)…

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La porte à ressort inventée par Gaston Lagaffe (planche 171, André Franquin)

La plupart des portes en verre se posent à l’instar d’une porte ordinaire, celles-ci comportant généralement un ébrasement et une série de chambranle. Les plus coûteuse se fixe au sol et à la tête de la baie de porte à l’aide de pivot.

La porte pliante se fixe également sur un ébrasement et se replie sur elle-même; Étant donné la perte de place inhérent au repliement de la porte contre l’ébrasement, celle-ci est de moins en moins répandue.

La porte pivotante, comme son nom l’indique, pivote sur elle-même; Elle est un bon moyen d’épurer un bâtiment, ce type de porte pouvant être on ne peut plus discret, ne possédant pas de quincaillerie visible et pouvant donc reproduire parfaitement le style des murs avoisinants.

La porte coulissante (ou suspendue) est un bon moyen d’apposer des menuiseries fermées dans des pièces à l’espace réduit. Elles sont par contre moins esthétiques, du fait qu’un coffrage cachant le rail de fixation au mur est nécessaire.


La pose de porte intérieure

La plupart des manuels de pose de blocs-portes décrivent le matériel nécessaire pour le travail à réaliser, liste que voici :
– Un mètre de plus de 2 mètres, ou deux double-mètres;
– Une équerre à 90°;
– Deux niveaux à bulle (en bon état) : Un niveau de 2 mètres, un niveau de taille inférieure à la largeur de la porte;
– Une scie circulaire plongeante, à défaut de quoi réaliser de longues coupes droites;
– Une perceuse à percussion, à défaut une perceuse ordinaire avec des mèches adéquates;
– Une visseuse et des embouts de vissage, à défaut des tournevis et de l’huile de coude;
– Une cloueuse pneumatique ou électrique, à défaut une boîte de clous et un marteau.

Vous pouvez également prévoir un set de ciseaux à bois.

Aplomb et niveau de la baie de porte

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Aplomb et niveau de la baie

Il est tout d’abord nécessaire de vérifier la droiture, l’aplomb de la baie et le niveau du sol sur tout le parcours de la future porte.

Le mesurage de la baie se fait en minimum 2 endroits pour la hauteur et 3 endroits pour la largeur. On gardera uniquement les valeurs les plus petites de chaque. La commande de la porte se fera ensuite selon les dimensions commerciales.

Je compte personnellement jusqu’à deux centimètre de marge de hors-aplomb et quelques millimètres de hors niveau, sans quoi le mur et le sol devront être rectifiés, ou la porte recoupée en conséquence.

Si la baie s’annonce droite, et que ses dimensions correspondent (en plus d’un jeu suffisant) aux dimensions de l’ouvrant de porte, l’ébrasement de porte peut être monté.

Pose des cales de fixation

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Pose des cales de fixation

Il s’agit là de déchets de bois massif ou de panneaux multiplex d’une épaisseur suffisante pour l’accroche des vis de fixation. Elles sont toujours apposées du côté des charnières. On peut éventuellement en poser sur les deux jambages de baie.

Elles sont fixées dans le mur à l’aide de chevilles et vis, de vis à bois dans des cloisons ou de vis turbo dans les briques ou le béton. Attention toutefois à obtenir une traction suffisante dans ce dernier matériaux.

Le fait de solidariser solidement ces deux éléments (le mur et les cales) est très important pour la tenue future de la porte.

Fixation de l’ébrasement

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Fixation de l’ébrasement

L’ébrasement peut être monté à l’aide de clous, il n’y a pas de force particulière appliquée à la traverse de celui-ci. Il est par contre peut-être nécessaire de le recouper à la largeur de la porte, en comptant un jeu périphérique de 3 à 5 mm, la largeur des deux jambages d’ébrasement et une marge de 10 à 20 mm.

Il est fixé sur les cales à l’aide de 3 à 6 vis, qu’on apposera préférablement dans la rainure du listel. Ce nombre dépend de l’épaisseur du mur (et donc de la largeur de la cale), du poids de la porte,…

Si des cales ont été fixée sur l’autre jambage de baie, il est logique d’y fixer également l’ébrasement. Nul besoin par contre fixer la traverse de celui-ci sur la tête de la baie.

Pose d’une face de chambranle

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Il existe ensuite deux façons de faire : Poser une face de chambranle, mousser et poser la seconde face ou mousser et poser les chambranle.

Personnellement, quand il y a lieu de mousser, soit dans des baies de briques ou de béton, je préfère poser une face de chambranle, qui seront coupés à 45° sur ma scie à onglet.

Pour se faire, je coupe tout d’abord un des jambages du chambranle à 90° et le présente pour y marquer l’arasement de la jambe et de la tête d’ébrasement par un trait oblique, montrant le début de la coupe. Coupe faite, je le représente et s’il s’ajuste parfaitement, il est cloué à raison d’un clou tout les 30 à 40 cm. On peut éventuellement ajouter un filet de colle à bois sur la partie s’ajustant sur le chant de l’ébrasement.

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Une scie à onglet manuelle

Je recommence l’opération pour l’autre jambage de chambranle qui sera également cloué, puis marque la tête de chambranle à l’aide de deux traits obliques à chaque angle intérieur.

Les coupes des chambranles doivent parfaitement s’ajuster, sans quoi il faudra déposer de la pâte à bois en tant que cache-misère pour fermer l’arasement. On apposera également de la pâte à bois sur les marques de clouage.

Moussage de l’ébrasement

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Pose de mousse polyuréthane

La mousse polyuréthane est un mélange de deux composants (l’isocyanate et le polyol). Après la projection, au contact de l’humidité ambiante, ils se transforment en une matière très dure qui a un très haut pourcentage de cellules fermées. Ayant une haute valeur lambda, il s’agit là d’un bon isolation, compte tenu de sa propension à épouser à la perfection les inégalités de son support.

La mousse polyuréthane, ou mousse PU, en plus d’être un bon isolant tant thermique qu’acoustique, possède une bonne adhérence sur plusieurs types de supports, ce qui assurera une meilleure tenue du bloc-porte dans la baie que s’il était simplement visée.

Sachant que la mousse polyuréthane durcie est légèrement déforcée lorsqu’elle est découpée, ainsi qu’il s’agit d’un matériau relativement coûteux, je ne rempli les vides entre l’ébrasement et la baie qu’à moitié.

Il convient de faire très attention à ne pas toucher la mousse lors du séchage, celle-ci étant tachante, sur le textile comme sur la peau.

Fixation de la seconde face de chambranle et finitions

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Finitions de l’ébrasement

Vient ensuite la fixation de la seconde face de chambranle, suivant la même méthode.

Je la pose généralement pendant le séchage de la mousse, évitant à celle-ci de déborder du vide, et solidarisant par la même occasion tout les éléments du bloc porte entre eux.

On peut ensuite poser la quincaillerie sur l’ébrasement et l’ouvrant, ainsi que l’ouvrant sur l’ébrasement pour vérifier le bon fonctionnement du tout. Attention à ne pas s’enfermer dans une pièce !

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Le boîtier de serrure
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Une clinche travaillée

Après réglage, on posera les éléments décoratifs : Clinche, plaques ou rosaces, judas…

Pour le placement de la clinche, je fore toujours un trou dans le carré pour rendre la poignée située à l’intérieur de la pièce indésolidarisable de son carré pour toujours rendre possible l’ouverture de la porte, dans l’hypothèse d’une personne enfermée à l’intérieure de la pièce.

 

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