Création d’une table de salon

Prologue

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L’ameublement (en bois massif) est la partie de mon métier que je préfère, car le bois laisse une grande marge de manœuvre à la créativité. Il est possible, avec le bois, de réaliser à peu près tout avec peu de moyens.

J’ai ici créé une table basse de salon de style campagnarde, sur la base de la photo ci-contre.

Le style visuel général à été conservé, tandis que j’ai légèrement modifié certains éléments et certaines proportions, comme l’épaisseur de la tablette ou les traverses diagonales.


Choix des matériaux

Selon le premier plan, réalisée à l’aide du logiciel SketchUp, présenté ci-dessous sur SketchUp Viewer sur tablette Android, nous étions partis sur base d’un mariage de wengé et de sapin rouge.

wenge_flatcut_plainLe wengé, parfois confondu avec le panga-panga (qui lui est plus rougeâtre), est un bois stable et durable (Classe II [BE]) africain, d’une masse volumique d’approximativement 900 Kg/m³.

Il possède un fil droit, un grain grossier et une magnifique figure quand il est coupé sur dosse.

C’est un bois dont la poussière est irritante, mais dont l’usinage se fait facilement. Il contient des matières solubles dans l’eau, et est par conséquent plutôt comme bois de menuiserie intérieure.

Pour des raisons esthétiques, le wengé à été remplacé par un méranti rosé, s’intégrant plus dans les tons pastels de la pièce où allait être entreposée la table. L’utilisation de sapin rouge est restée inchangée.

Vu la bonne capillarité des bois en présence, un simple encollage à la colle à bois blanche et le fraisage de Domino représentait la méthode d’assemblage la plus simple et rapide à mettre en œuvre.

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Débit et corroyage des pièces

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Le débit et le corroyage des pièces, plus particulièrement des pièces en sapin, sont des opérations à faire avec précision et en prenant attention à ne pas trop dégauchir pour avoir suffisamment de matière que pour raboter correctement les pièces. En effet, les résineux européens sont des bois très sensibles aux retraits et mouvements.

Il convient aussi de veiller à reprendre le plus de matière du côté le plus abîmé des bois (champignon du bleu, coups, éclats,…)

Lors du rabotage du méranti, ou de tout autres bois irritants ou toxiques, on veillera à créer un courant d’air dans l’atelier, ou d’utiliser une bonne aspiration.


Assemblage de l’ossature

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J’ai réalisé mes assemblages à l’aide de la fraiseuse DF500-Q de Festool, en prenant bien sûr soin de décaler le fraisage sur les pieds de 100 millimètres.

Pour se faire, j’ai aligné et serré les pièces sous une cale de bois, sur laquelle j’ai reposé ma fraiseuse. Des lattes d’écartement me permettent de glisser la butée de la machine pour fraiser identiquement toutes les pièces.

Ensuite, j’ai réalisé le serrage par étape : D’abord deux angles, ainsi que les pieds alignés, puis l’ensemble de la table. Il est impératif de regarder à encoller à arasements fermés, ainsi qu’à des angles parfaitement droits.

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Pose de la tablette inférieure

L’ossature assemblée et collée, j’ai entrepris d’y poser les traverses de la tablette inférieure.

Pour se faire, j’ai d’abord percé sur 10 millimètres de profondeur un pré-trou de 10 millimètres de diamètre pour apposer un bouchon en méranti. Me servant de la marque de la pointe de la mèche à bouchon comme guide, j’ai ensuite préforé toute les pièces à chaque extrémités, au centre de la pièce, à 3 millimètres (pour un vissage à l’aide de vis de 3×30).

Avant le vissage, j’ai encollé tout les endroits ou les pièces entrent en contact à l’aide de colle blanche, puis j’ai serré le tout par vissage. J’ai terminé en apposant mes bouchons en méranti, que j’ai affleuré au ciseau.


Réalisation du support de tablette supérieure

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Suite à une conversation que j’ai eue avec un ami architecte, j’ai fait le choix de remplacer la tablette faite d’un panneau multiplex surfacé par une tablette surfacée de bois de bout.

Pour se faire, j’ai réalisé un encadrement en méranti, collé sur un panneau d’OSB de 18 millimètres, qui assurera la stabilité et la rigidité de l’ensemble.

Le panneau inférieur doit être découpé avec des angles droits, tout comme l’encadrement en méranti, qui doit lui être parfaitement ajusté au panneau sur lequel il est collé, et dont les angles intérieurs doivent être parfaitement droits.


Pose du bois de bout

J’ai encollé des tranches de bois, coupées radialement, sur la tablette. Trois points sont nécessaire à assurer au maximum la stabilité dimensionnelle de l’ensemble :

  • L’essence : Ici, du sapin autoclave, séché depuis plusieurs années dans l’atelier;
  • L’encollage du bois de bout : De la colle de contact (liquide ou en gel – n’admettant pas de déformations);
  • L’encollage du bois de fil : De la colle blanche (formant un joint élastique).

Le risque étant toujours bien présent d’avoir, au fil du temps, de légères déformations ou des fissures le long des rayons médullaires.


Finitions

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Il a d’abord été nécessaire d’affleurer toute les tranches de bois sur le bord de l’encadrement en méranti. En effet, des petites différences peuvent apparaître car je ne possède pas de guide parallèle me permettant de couper simultanément avec le guide perpendiculaire.

J’ai affleuré l’ensemble à l’aide d’abrasif P60, puis ai enchaîné avec de l’abrasif P120 pour aplanir l’ensemble de la tablette.

Enfin, j’ai poncé l’ensemble de la table avec du P220, sur le réglage grossier puis sur le réglage fin de ma Festool Rotex, afin d’obtenir le meilleur fini possible.

La finition apportée à la table consistera nourrir le sapin à l’aide d’huile d’olive (vierge ou non), et apposer une huile de finition par dessus. Cela aura pour effet de nourrir et saturer le bois (couleur durable, moins de mouvement) et d’emprisonner une partie de l’huile sous un traitement de finition (idéalement une huile de finition naturelle, identique à celle appliquée sur la cuisine équipée massive que j’ai réalisée il y a peu).

Cela fait et bien sec, je polirais la tablette avec des abrasifs destinés à l’automobile (P500, P1000 et P1500).

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